Histoire Massage
La petite histoire du massage
Étymologiquement, le mot "massage" prend ses racines du grec
" massein ", de l'hébreux " mashesh " et de l'arabe
" mass " signifiant presser légèrement, palper, pétrir.
C'est au XIXe siècle que le mot " massage " fait son apparition
pour la première fois dans le vocabulaire français.
Le massage est une des plus vieilles formes de thérapie populaire. Son
origine peut être retracée jusque dans l'Antiquité, près
de 3000 ans avant Jésus-Christ.
Les peuples de l'Inde, de la Perse, de l'Égypte et du Japon en vantent
les mérites dans leur littérature. Les Chinois l'ont utilisé
très tôt en le combinant à des exercices physiques et respiratoires.
D'ailleurs, les trois plus anciennes méthodes thérapeutiques chinoises
sont l'acupuncture, le maxa et le massage. On traitait ainsi les fractures,
les blessures et les plaies. En Inde, c'était même un devoir religieux
que de s'astreindre à une certaine abstinence, aux bains, aux frictions
et aux onctions.
Plus tard, les Grecs, intéressés par la beauté et l'éducation
physique pratiquèrent le massage à tous les niveaux de la société,
du patricien à l'esclave, dans des buts divers, notamment :
la détente après les bains;
l'assouplissement des tissus;
l'accélération d'une convalescence;
en préparation et après les épreuves de force des lutteurs;
pour régénérer le corps ou soulager les douleurs après
les jeux des gladiateurs.
Dans les gymnases et dans les palestres, il était de tradition de faire
suivre un bain d'une bonne friction avec des huiles.
Chez les Romains, le massage n'avait pas de connotation scientifique. On le
pratiquait plutôt dans les thermes, lieux publics constitués de
jardins, stades, promenades, salles de repos, gymnases et ateliers de massage.
Mais bientôt, mal fréquentés, ces lieux se transformèrent
en lieux de débauche. Ceci contribua à bâtir une très
mauvaise renommée à tout ce qui touchait la pratique des soins
corporels qui furent bientôt associés des moeurs douteuses.
L'influence de Rome, un des plus brillants empires de l'histoire, se répandit
sur tout le continent. Au Moyen-âge et durant la majeure partie de la
Renaissance, le massage ayant acquis une très mauvaise réputation
est proscrit par la totalité des clergés qui en interdisent la
pratique en incitant plutôt le peuple à se tourner vers les prières.
XVIe siècle
Même les médecins en défendent l'usage. Le massage est progressivement
abandonné et tombe dans l'oubli. Ce n'est que vers la fin de la Renaissance
que des médecins outrepassent ces préjugés et réinstaurent
la pratique du massage et de la gymnastique.
Il y a évidence de principes scientifiques dans l'art du massage tel
que pratiqué du temps d'Hippocrate. D'ailleurs, celui-ci est le premier
à en discuter les qualités et les contre-indications.
Galien, chez les Romains, en parle dans ses traités de médecine.
Ambroise Paré, père de la chirurgie, utilise le massage chez
certains opérés incapables de faire des exercices.
XVIIe siècle
Après la découverte de la circulation sanguine par Harvey au XVIIe
siècle, il y a recrudescence de cette thérapie mécanique.
Ainsi, Andry qui, notant les effets des frictions sur la circulation et la couleur
de la peau, a l'idée d'utiliser le massage pour assurer ou maintenir
la circulation sanguine.
Vers la même époque, Tissot publie un livre sur l'exercice physique
et mentionne les frictions faites avec les mains, une éponge, une nasse,
une flanelle ou une lanière de crin. Il est aussi le premier à
parler de pétrissage.
"En noyant, en triturant les humeurs arrêtées dans les ligaments
des jointures, nous donnons à la circulation une activité qu'elle
était en train de perdre. De là, nous pouvons dire que nous empêchons
les ligaments de former une masse obstruante qui ferait perdre toute mobilité..."
XVIIIe et XIXe siècles
On réalise, au XVIIIe siècle, que la peau n'est pas seulement
une enveloppe mais un organe; un organe qui pourrait être traité
manuellement.
Du temps de leur suprématie, les armées françaises découvraient
les bons effets curatifs des douches-massages d'Aix-les-Bains.
Piorry est le premier, en 1818, à faire des recherches sur les effets
"physiologiques" du massage. Il note les réactions sur la peau
et ses constituantes, sur les muscles et les jointures et pour la première
fois, mentionne les tapotements.
Per Henrik Ling (1776-1839) est le fondateur de l'école suédoise
basée sur la gymnastique et le massage. Cette méthode donne naissance
à la kinésithérapie qui se répandra.
Mezger fonde son école en Hollande. Il établit ses techniques
de massage sur des bases plus physiologiques, ce qui attire le respect des médecins
et chirurgiens du temps.
C'est vers 1880, avec Lucas-Championnière en France, que le massage
s'impose définitivement dans le monde médical.
XXe siècle
Hoffman, disciple de Mezger, s'impose quelques années plus tard en Allemagne.
Au même moment, on retrouve en Angleterre Mary McMillan, suivie de J.B.
Mennell. Ce dernier, influencé par les techniques de Lucas-Championnière,
a fait un travail fantastique de rééducation durant la guerre
1914-1918.
Beaucoup de recherches sur les effets du massage se poursuivent au début
du siècle et chacun y va de son livre sur sa technique personnelle.
Cornelius préconise le massage des zones réflexes qu'il appelle
"massage de contact". Les manoeuvres de Wetterwald, utilisées
en France en 1910 pour le traitement des névralgies et de la cellulite,
sont assez semblables à celles de Cornélius.
Jacquet, en 1900, recommande le massage dans certains troubles cutanés,
massage qu'il appellera plus tard "massage plastique".
Une thérapeute allemande, Elizabeth Dicke, bouleverse les notions déjà
établies en développant la technique de massage du tissu conjonctif.
Cette technique très spéciale est pratiquée aujourd'hui
par ses nombreux adeptes, entre autres Kohlsrauch. Dicke nous fait réaliser
à quel point l'on savait peu sur les effets du massage.
Bref, le massage est un art très vieux qui s'est implanté et
continue de s'implanter dans les habitudes des différents peuples du
monde, y compris les Québécois.
XXIe siècle
Il est permis de l'imaginer... Le massage fait partie du mode de vie de tous
les humains du monde! Dans ce monde promouvant l'anti-stress et le développement
des sens, le massage s'inscrit dans le maintien d'une bonne santé et
est un élément essentiel à une qualité de vie optimale.
La musique et les sons de la nature comblent le sens de l'ouïe, la gastrononie
le sens du goûter, les arts visuels le sens de la vue, les parfums divers
le sens de l'odorat et enfin, le toucher a pris la place qui lui revient vers
la fin du XXe siècle. La où le massage est présent, la
violence n'existe pas.
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